(Critique) End of the Night de Daisuke Miyazaki

Du néo-film noir dans un Japon à la dérive.

Akira est un jeune assassin solitaire & taciturne qui ne se remet pas de son “initiation”…

« CAUCHEMAR DE MON CHOIX »

End of the Night se veut faire un parallèle direct entre l’époque troublée d’après-guerre et le Japon d’aujourd’hui en pleine récession, marqué par l’augmentation de la violence et une baisse du taux de natalité. Dans les années 40/50, cet état tourmenté s’inscrivait à l’écran à travers le film noir (américain), montrant les bas fonds et le désespoir de ces gens oubliés par la société.

Plutôt intéressant comme base de départ pour ce premier film réalisé par Daisuke Miyazaki, l’assistant-réalisateur de Kiyoshi Kurosawa sur Tokyo Sonata entre autres. Avec donc l’idée d’exploiter les codes du genre dans un contexte contemporain, d’où la notion de néo-noir, pour retranscrire la noirceur de notre époque.

À noter au passage que le titre du film est une référence au « Au cœur des ténèbres » – dont l’adaptation ciné la plus célèbre est Apocalypse Now. D’ailleurs, le film s’ouvre sur la citation suivante, « Je resterai loyal au cauchemar de mon choix ». De quoi annoncer d’emblée l’ambiance de l’histoire.

Soudain trauma du tueur ?

À L’AMÉRICAINE

L’influence du noir se ressent à tous les niveaux de ce film. Même sans moyen, la joie de l’indépendance, Miyazaki aligne les figures habituelles du genre, le tueur solitaire en pleine crise de conscience, la jeune femme fragile poussée à la prostitution, une sorte de syndicat du crime restant soigneusement dans l’ombre de la société…

De même visuellement, avec des jeux de lumières, de couleurs et de contraste, avec des cadres enfermant les personnages dans leur “cauchemar” quotidien… Quasiment chaque scène évoque un film américain des années 50. Une influence tellement omniprésente qu’End of the Night peine à sortir d’une sensation de déjà-vu, avec ces codes digérés et exploités au cinéma depuis plus de 50 ans au point d’avoir rejoint un certain imaginaire (collectif ?).

Ne jamais contrarier le syndicat...

PREMIÈRE FOIS

Si d’habitude un premier film tends à être bourratif, à trop en faire, Daisuke Miyazaki se trouve dans la catégorie opposée. À savoir qu’il se positionne dans une rigueur & une sobriété absolue, reposant davantage sur ses cadrages pour raconter l’histoire que sur les (quelques) dialogues.

Ce qui donne une narration extrêmement aride, limite vaporeuse, qui n’explicite ou n’exprime pas assez clairement ses enjeux. Comme le mal-être du perso principal, majoritairement taciturne & muet, qui apparait concrètement in extremis. En fait, un récit qui n’ose pas développer ses idées, restant dans une approche contenue et assez floue. Frustrant ou ennuyeux, au choix ?

À RETENIR

Sans sublimer ses influences très présentes, End of the Night marque le début intéressant d’un jeune réalisateur qui possède un sens narratif de l’image à peaufiner. Dans l’état, le film est trop tourné vers lui-même, se limitant à afficher des codes sans oser leur donner une véritable ampleur.

  • La note : 5/10
  • Sortie Française : Inconnue



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