(Critique) Barbie de Lee Sang-woo

Plongée dans les tréfonds d’une Corée du Sud ignorée ?

Un Américain se rend avec sa fille dans une petite ville Sud-Coréenne pour venir adopter Soon-young, petite fille qui s’occupe seule de sa famille composée d’une père handicapée, d’une soeur malade et d’un oncle aux combines louches.

LES MISÉRABLES

À quoi s’attendre du réalisateur indépendant Lee Sang-woo ? Auteur de nombreux films (souvent invisibles) dont les récents My Mother is a Whore et My Father is a Dog, qui sont des drames redéfinissant presque la notion de misérabilisme avec des histoires accumulant à peu près tous les angles tragiques possibles – maladie, prostitution, pauvreté, famille décomposée…

Alors sans véritable surprises, Barbie se présente comme un autre drame bien sordide. Qui derrière son apparence austère et sobre, prend patiemment son temps avant de s’engouffrer dans du pathos larmoyant bien dégoulinant. Oubliez donc l’image d’une Corée du Sud urbaine et développée, cette campagne là suinte la misère et la détresse humaine. Autant avoir les reins solides.

Les deux soeurs...

TOUCHE DE NON-ESPOIR

Le film cherche à faire le portrait de familles coincées dans des choix impossibles imposées par la nécessité de survivre. Entre la volonté d’aider sa famille, de satisfaire ses propres petits besoins ou fantasmes, et d’assumer des conséquences tragiques.

Sujet intéressant, avec un gros potentiel de drame psychologique… Mais encore fallait-il oser raconter une véritable histoire plutôt que de se contenter d’aligner une tranche de vie misérabiliste & mollassonne qui met 1h30 pour développer deux enjeux : le choix de gamine coréenne à “adopter”, et le motif derrière cette “adoption”.

Autrement dit, il ne se passe rien. Le film s’ouvre sur l’arrivée de l’Américain en Corée du Sud, et puis plus rien jusqu’aux 5 dernières minutes. Barbie comble ce fossé par l’aperçu du quotidien de la famille coréenne, les repas, le père handicapé qui aime manger des saucisses, la petite soeur qui veut devenir une poupée barbie, l’oncle qui se comporte comme un salaud. Le néant narratif.

À RETENIR

Barbie croule sous l’ambition misérabiliste d’un script qui n’a rien à raconter malgré le sujet, et une réalisation très soignée aussi bien au niveau de la photo que des cadres. Reste à sauver de ce désastre de nombrilisme, les deux jeunes actrices coréennes, Kim Sae-ron (vue dans Man from Nowhere) et sa soeur Kim Ah-ron.

  • La note : 2/10
  • Sortie Française : Inconnue



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