Le Renouveau Asiatique Selon Cannes 2012

Après un crû 2011 asiatique plutôt bien équilibré réservant quelques surprises – Hara-Kiri de Miike, The Murderer de Na Hong-jin ou Wu Xia de Peter Chan – le festival de Cannes retrouve ses habitudes pour 2012. Avec une sélection asiatique entre exotisme auteurisant, cinéastes habitués du festival, et projets co-produits par des français.

LE TAPIS ROUGE SERA NOTRE HORIZON

En sélection officielle, il y a l’occasion de découvrir Isabelle Huppert se saoûler au soju (?) dans In Another Country de Hong Sangsoo, suivre les intrigues érotiques de l’hypocrite bourgeoisie coréenne avec L’ivresse de l’argent de Im Sang-soo, ou encore s’intéresser à une jeune étudiante japonaise léthargique se prostituant pour survivre dans Like Someone in love de l’iranien Kiarostami – signe de la fin des temps, la rencontre Iran-Japon nous avait réservé l’année dernière l’incroyable complaisant de nombrilisme CUT, plein de promesses donc.

LA PROCHE BANLIEUE

Dans la sélection Un Certain Regard, à noter la présence du nippon Koji Wakamatsu avec 11:25 The Day He Chose His Own Fate, son film sur les derniers jours de Yukio Mishima – Wakamatsu n’était plus venu à Cannes depuis la présentation de Sex Jack en 1971 ! À côté, des habitués : le drame amoureux Mystery du chinois banni-subversif-underground Lou Ye, et Student adaptation de Crime & Châtiment par le Kazakh Darezhan Omirbayev.

Le Mishima de Wakamatsu

Hors compétition, Takashi Miike débarque en séance de minuit pour présenter l’intrigante & colorée comédie musicale For Love’s Sake, tandis qu’en séance spéciale, Weerasethakul revient à Cannes avec son court documentaire Mekong Hotel consacré au célèbre fleuve.

LOIN DERRIÈRE

Il faudra par contre se tourner vers les sections parallèles, qui de facto restent dans l’ombre du festival & des journalistes, pour trouver quelques long-métrages intrigants en provenance d’Asie. Ainsi, la Semaine de la critique diffuse Peddlers, sorte de film chorale Indien où des personnages de différents horizons se croisent à travers Mumbaï.

Tandis qu’à Quinzaine des Réalisateurs, il y a un autre film Indien, Gangs of Wasseypur, une fresque gangsters qui dure 5h20, rien que ça (!). Plus, une adaptation Chinoise des Liaisons Dangereuses par le réalisateur Sud-Coréen de la rom-com Christmas in August, de quoi annoncer une relecture fidèle du livre original ? Et enfin, le film d’animation indépendant Sud-Coréen, The King of Pigs sur des trentenaires replongeant dans leurs terribles souvenirs d’enfance – voir la bande-annonce, avec plus d’infos sur le projet, son contexte.

Gangs of Wasseypur, Il était une fois en Inde ?

LA MYSTIQUE CANNOISE

Cannes, véritable plaquette offrant découvertes, surprises & originalités (asiatiques) ? Se rappeler quand certains pleurent l’imposture du cinéma coréen pendant que d’autres déplorent l’absence de renouveau du cinéma japonais. Sans jamais mettre en perspective le rôle d’un festival de ce calibre, ou de s’aventurer hors des paillettes. Tant qu’il y a le Hong Sangsoo annuel, tout est sauf ?

Mais, comme chaque année, le marché du film accueillera de nombreux titres asiatiques populaires attendus (Motorway, Last Supper, Land of Hope…) qui devraient figurer dans les sélections de gros festivals comme Venise ou Toronto à l’automne 2012. Plus quelques autres découvertes qui finiront par faire le tour des plus petits festivals avant une éventuelle & hypothétique sortie DTV en France ?

Alors, pourquoi Cannes ? Plus qu’une affaire de prestige, d’auteurs & de prix, c’est un évènement franco-international qui apporte un lot d’infos accessibles, tant sur les projets en chantier que sur les acquisitions de films. Tout en donnant la possibilité de faire quelques (petites) découvertes, à condition de bien négocier… Hum… Wait & see.

Merci à Nico@FilmoSphère pour la correction



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