(Critique) Merantau de Gareth Evans

Quand un réalisateur gallois tourne un film d’arts martiaux Indonésien.

Un jeune combattant, doit partir en ville pour accomplir son rite de passage à l’âge adulte.

LES 5 PREMIÈRES MINUTES

Rite de passage, initiation à la vie, merantau… L’intro du film laisse penser à une fable violente aux accents philosophiques, suivant la découverte d’un univers urbain déliquescent par un jeune campagnard, si naïf et si gentil. Autant être clair, seule la seconde partie de la phrase est exacte.

Au programme, un cheminement initiatique réduit à l’état de prétexte pour aligner mollement des scènes de fight. Alors ça pleure souvent, ça pisse régulièrement le sang, mais pour la profondeur, il faudra aller voir ailleurs.

Aurevoir !

C’EST QUOI CET ART MARTIAL ?

Le véritable point fort du film, et ce qui en fait toute son originalité, c’est de mettre en avant un art martial d’origine Indonésienne finalement méconnu ; le Silat. Qui permet de proposer des chorégraphies & mouvements assez surprenants, pour qui est plus habitué à manger du Kung fu voire même du Muay Thaï.

Sans être visuellement spectaculaire, hormis quelques sauts, l’action met en scène un Iko Uwais – jouant le perso principal – superbement fluide. Il s’agit de balader ses adversaires via des prises – bras ou jambes – sans perdre le combat de vue, de garder son équilibre/centre de gravité à un niveau très bad, avec une coordination bien gérée entre bras et jeu de jambes… Ça vaut le coup d’oeil.

SIMPLIMSE

Mais une fois passé la découverte de cet art martial, Merantau patauge sévèrement. Déjà en se désintéressant du postulat de base pour s’orienter vers un récit fade, plat et ennuyeux. Où il sera question de sauver une gentille fille de méchants proxénètes suffisamment bêtes et égocentriques pour vouloir avoir le dernier mot.

Tension dramatique ? Zéro. Implication ? Zéro. En fait, un traitement simpliste accouchant d’une histoire très mal rythmée – avec ces scènes intimistes nulles entre le héros & sa copine de galère… D’autant plus décevant que tout était là pour donner une ampleur sérieuse au projet – de part l’initiation.

Le combat final (enfin)

MORTAL KOMBAT

L’autre conséquence de ce récit sans intéret, c’est du côté des combats. Les chorégraphies vont exploiter les différents environnements & espaces pour faire varier un peu l’action – avec notamment un fight dans un ascenseur ! Mais, l’absence d’un développement des enjeux et des personnages finit par rendre l’ensemble… fade.

C’est des combats qui n’ont pas ce côté didactique impliquant le spectateur au sein de l’action. Par ex, le perso principal étant quasiment dès le début au sommet de son art, il n’apprendra rien. Il tabasse des méchants sans expérimenter de nouveaux mouvements, sans connaître le danger de tenter quelque chose de nouveau. Bref, de l’action pour de l’action.

À RETENIR

Merantau est un film prétexte à une démo technique de Silat. Au-delà de cette originalité visuelle, c’est le néant : une écriture simpliste & manichéenne avec des idées déjà trop vues – genre le climax de fin -, des longueurs, des persos transparents et des non-enjeux. Le minimum du film de fight ? Même pas.

  • La note : 2/10
  • Sortie Française : 22 septembre 2010 (DVD/Blu-ray)



comments powered by Disqus