(Critique) Le dernier royaume de Daniel Lee

Une sous-fresque historique made in China par Daniel Lee, encore ?
Dans une Chine divisée, alors que le régime agonise, deux chefs militaires ambitieux s’affrontent dans une lutte de pouvoir. Dont l’évènement décisif sera le Banquet de Hongmen, scellant le sort du pays…
BIS REPETITA
Rappelez-vous en 2008, pendant que John Woo s’occupait de son projet épique longuement préparé Les Trois Royaumes, une production parallèle aux moyens plus modestes en profita pour couvrir la même histoire : Les Trois Royaumes, la résurrection du Dragon, écrit et réalisé par Daniel Lee.
Quelques années plus tard, avec une configuration quasi-similaire, Lee se retrouve à la tête de ce Le dernier royaume. Projet inspiré par l’évènement historique du Banquet de Hongmen, qui sert aussi de base au The Last Supper d’un Lu Chuan (City of Life & Death) perfectionniste. Drôle de concurrence pour Lee, qui malgré le budget et le casting prestigieux, semble encore une fois délivrer une version fade et simpliste d’une histoire pourtant passionnante. Entre les bonnes mains ?
Le méchant et son conseiller, qui résume les enjeux du film à chaque fois
BROUILLON
L’image est léchée, entre des scènes d’intérieures soigneusement éclairées et des passages en extérieurs prenant une ampleur visuelle via les effets spéciaux numériques, pourtant la confusion s’invite très rapidement au sein d’un film ayant des difficultés à poser/présenter son récit.
À savoir que le fameux Banquet incarne une suite d’intrigues mêlant trahison, politique, soif de pouvoir, manipulation… C’est une véritable partie d’échecs, où il faut déjouer & deviner l’autre pour l’abattre. Or, le film néglige ses personnages, avec des affinités & des enjeux importants traités superficiellement – la relation entre les 2 chefs, leurs motivations -, ou une tendance à se rattraper tardivement pour expliciter une idée survolée – l’importance du… Banquet. En fait, un traitement trop faible pour donner un résultat solide.
Le salle du Banquet...
LA GUERRE POUR LES NULS
Heureusement, il y a de l’action ? Quelques combats au sabre avec un côté bien bourrin sont à découvrir, sachant qu’ils sont parfois perdus au milieu d’une scène de bataille numérique. Avec une réalisation à la Daniel Lee, parfaitement incompréhensibles dans ses enjeux & son montage, une caméra virevoltant dans tous les sens, des ralentis-accelerés fatigants. Le bon point, hors des batailles, l’action est plus lisible. À noter la partie de GO du Banquet, réalisée comme un combat avec des effets ringards – le vent dans les cheveux d’Anthony Wong… Sérieux ?
Mais, Le dernier royaume est davantage un drame bavard où des stratèges expliquent de long en large des enjeux et des intrigues barbantes à des chefs militaires ayant l’air de se demander ce qu’ils foutent là. D’ailleurs, parce qu’ils ont un sens de la manipulation, et des responsabilités, les stratèges se révèlent être les persos les plus intéressants de l’histoire. Pendant que les autres sont rattachés à des idées simplistes – la romance qui sert à rien pendant tout le film, pour être justifiée par une séquence émotion très fleur bleue…
VENGEANCE CHEAP
Le dernier royaume est une fresque plate, qui s’égare dans des considérations intimistes et autres discussions interminables plutôt que de développer et d’inscrire à l’écran toute l’ambiguïté, la richesse d’un sujet comme Hongmen. Un film maladroit, trop long – 2h10min, manquant d’une ambition thématique. En attendant de découvrir prochainement ce que fera Lu Chuan (City of Life & Death) avec un sujet pareil !
- La note : 3,5/10
- Sortie française : 6 Juillet 2012 (DVD/Blu-ray)
- AKA White Vengeance, 鸿门宴









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