(Critique) Le Bon, la brute et le cinglé de Kim Jee-woon

Le Sud-Coréen Kim Jee-woon s’aventure dans un hommage au western. Façon de bousculer la prod locale d’un cinéma de divertissement coincé dans les 3-4 mêmes genres ?
ORIGINALITÉ
Déjà, l’idée même de réaliser un Western en Corée du Sud a de quoi attirer la curiosité. Et c’est logiquement que le contexte est situé en Mandchourie durant l’Occupation Japonaise, période sensible parfaite pour ce Far East. Mais autant être clair, ce contexte politique reste seulement un fond à l’histoire, à l’aventure.
Au coeur du film, une chasse au trésor. À côté du trio de tête, on retrouve des gangs, des Indépendantistes, l’Armée Japonaise… Bien sûr, c’est du chacun pour soin et pas de pitié pour les autres. Ce qui nous offre plusieurs scènes d’action bien vivantes rythmées par des bonnes idées et une bonne dose d’humour… Merci au Cinglé !
Du cowboy galopant sur fond de soleil couchant... Miam ?
OVERDOSE
Ces scènes d’action représentent l’un des atouts majeurs du film, que ce soit une attaque de train ou une fusillade en plein Marché, elles font office de gourmandise. Néanmoins, entre les idées et l’humour, la réalisation en arrive à souffrir : avec un cadre forcément tremblotant, des zooms hommages-volontaires à la pelle, un rythme inégale – plus le film avance, plus ces scènes s’allongent… Notamment un final qui aurait été précipité en vue de pouvoir présenter le film à Cannes en 2008.
Cet amour du spectacle trouve ses limites avec une histoire-prétexte capable d’aligner des scènes sympathiques mais aux enjeux… creux. Le film délaisse l’ampleur de son histoire pour se contenter d’un hommage vitrine où tout est survolé. Résultat l’intensité de certaines scènes tombe à plat pour devenir qu’une succession de tics et de gags.
Course poursuite dans un paysage gigantesque. Western FTW.
À L’OUEST, RIEN DE NOUVEAU ?
Creux, comme les personnages principaux qui restent superficiels malgré la légère présence d’un passif intéressant pour chacun d’entre eux… Un passif abordé in-extrémis. Dans le lot, le Cinglé se distingue sans aucune difficulté grâce à son humour, son manque de sérieux dans des situations graves (ses 2 tentatives d’évasion sont cul-tes). Pendant que les 2 autres font dans la pose.
À part l’humour et quelques idées folles bien trouvées, Le Bon, la brute et le cinglé se contente de singer le Western sans en capter l’essence. C’est ce qui fait la différence entre le final du Sergio Leone et celui-ci, d’un côté une rencontre entre des Hommes, avec une ampleur émotionnel, une tension… et de l’autre, un alignement de clichés vains & désincarnés.
(à noter que le film est influencé par le western coréen Break the Chain, réalisé en 1971)
- La note : 3/10









Les critiques des films de Kim Jee-woon parues récemment sur le site puent le troll à plein nez. Argumentation fallacieuse, contenu faible (des critiques bien courtes) et une notation hallucinante. Aucune étude de l’image n’a par exemple été faite s’agissant de l’image de ce western spaghetti survolté, alors que la séance du train, les combats, le désert sont esthétiquement parlant du vrai cinéma.
A surnoter des bouses et à descendre Kim Jee-woon, ce site perd beaucoup de crédibilité… Vous voulez pas vous attaquer à la trilogie de la vengeance de Park Chan-Wook qu’on rigole ?
Tu es bien généreux. Moi, je lui aurais collé un zéro pointé, et encore, en notant large !
Je te rejoins dans tous les aspects de ta critique. Rien à cirer que le machin soit virtuose ou survolté, il m’a saoulé au bout d’un quart d’heure et j’ai eu toutes les peines du monde à le finir. Ça, du “vrai cinéma” ? Ben voyons. Tout au plus une pignolade d’ado complexé qui essaye d’en remontrer en essayant de pisser plus loin que son glorieux aîné rital. A l’arrivée, on obtient une baudruche farcie de trucs et de machins, un peu comme ces pochettes surprises qu’on achète aux gosses dans les supermarchés pour avoir la paix. Sur le coup ils en ont plein les mirettes mais au bout de 5 minutes la rengaine recommence : “dis maman, c’est bientôt fini ? – Ben non mon grand, t’en as encore pour deux plombes”. Ouch !
Pour Leone, c’est plus simple : 2H30 avec bien moins de scènes mais qui te donnent l’impression de voir un film d’1H30 tant le rythme va à l’essentiel. Avec moins de scènes d’action, le film a malgré tout un souffle autrement plus épique et souvent porté par l’émotion (les retrouvailles de Tuco et de son frère, le tabassage de Tuco pendant que l’orchestre de prisonniers joue pour couvrir les bruits, la mort du sergent au moment où le pont saut, la mort du soldat auquel Eastwood donne une dernière cigarette). Souffle épique, voire historique, Thoret a raison de dire que l’Histoire est le 4ème personnage du film. Chez Jee-Woon, one more time, c’est juste une babiole de plus que l’on trouve au fond de la pochette. On la regarde, on se demande à quoi elle sert puis on la jette dans un coin avant de l’oublier. Après, je veux bien qu’on me dise que c’est juste du divertissement mais justement, le divertissement n’empêche pas d’avoir un vrai propos, une vraie vision d’auteur. Comprenez qui va au-delà d’un simple bling-bling sur pellicule voué à être ringardisé au bout de deux ans et à rejoindre les d’Artagnan, Sherlock Holmes et autre Pacte des Loups. Bittersweet Life et I saw the Devil ont au moins le mérite d’être plus dosés (et à mon sens bien meilleurs).
Plein le cul de ces films qui arborent le survoltage comme un gage de virtuosité. Même Spielberg y est allé de cette veine avec son Tintin. Fait chier tiens ! m’en vais mater un film de Robbe-Grillet, ça va me calmer.
http://www.youtube.com/watch?v=ZVOBjkQb9I8
« Esthétiquement parlant du vrai cinéma »