(B.A rétro) The Ambitious

C’est l’ultime leçon de cinéma d’un maître nippon classique mais oublié.

L’ICÔNE DES BAS-FONDS

Tout au long de sa carrière, Daisuke Ito s’est montré très critique vis-à-vis de la société féodale Japonaise. Aussi bien dans ses scénarios que ses films, Ito s’est attaché à décrire les marginaux de cette époque, ces personnages qui osaient s’écarter des codes régissant un système de plomb.

Alors pour son dernier film réalisé en 1970, le choix apparait comme une évidence, le cinéaste met à l’honneur l’une des grandes figures historiques ayant amené la chute du régime féodal : Ryoma Sakamoto.

Ryoma et son meilleur ami, vivant dans 2 sphères/état d'esprit différents (les pièces)

ENTRE-DEUX

The Ambitious se situe dans le Japon en crise des années 1860. La modernité étrangère est venue bousculer ce pays renfermé sur lui-même depuis presque 3 siècles, forçant les Japonais à repenser leur société…

En fait, une situation rêvée pour Sakamoto, qui appartient à ces samouraïs fatigués par ce régime désuet incapable de se réinventer. Incapable de comprendre que les bases fondatrices de ce système ont disparu dans un flot de corruption et de manipulation – comme la quête de pouvoir des classes dominantes.

Deux hommes s'apprêtant à littéralement faire le pont entre deux mondes (en fond)

LE RÉVOLUTIONNAIRE

Sakamoto fait figure d’idéaliste, imaginant une société basée sur l’égalitarisme – sans castes, l’Empereur redevient un homme – profitant de la modernité étrangère pour faire avancer un Japon poussiéreux. C’est ainsi que Daisuke Ito nous raconte le parcours de Sakamoto, de l’éveil jusqu’à la “consécration” – de son isolement jusqu’à devenir un symbole.

Soit un gros morceau d’Histoire complètement fluidifié par la maîtrise formelle d’un cinéaste ayant fait ses armes à l’époque du muet – ce moment où raconter une histoire se faisait uniquement par l’image. Faisant ainsi preuve d’une absence complète de didactisme sur le sujet, le film se repose entièrement sur la connaissance du spectateur sur le sujet – et c’est parfois tendu. Tout comme le jeu très cabotin des acteurs, renforçant l’impression « pièce de théâtre » du film – cf. la mise en scène du final, incroyable.

Quand un vieillard donne une énorme leçon de cinéma en guise d’adieu ! Un film montrant toute l’humanité d’un idéaliste, seul contre tous – 8/10.




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