Cinéma Asiatique : Top & Flop 2011

FLOP

Les déceptions de l’année en provenance d’Asie ;

WU XIA
# WU XIA

Peut-être l’un des meilleurs films d’arts martiaux Chinois de cette année, qui n’arrive pourtant pas à aller jusqu’au bout de son idée. À embrasser la mythologie du genre pour être fidèle à un titre faisant directement référence aux récits Chinois d’aventure. Ici, pas d’épopée héroïque (re)définissant un Donnie Yen comme le nouveau héros Wu Xia, mais une simple enquête sur fond de vengeance qui montre une facette terre-à-terre des arts martiaux. De la réalité concrète de la connaissance martiale. Le réalisateur Peter Chan n’a pas exploré toute l’ampleur de son sujet. Reste un film visuellement magnifique, avec des combats efficaces, pour une histoire manquant de profondeur qui perd progressivement en intérêt.

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COLD FISH
# COLD FISH

Shion Sono aux commandes d’un produit d’export étiqueté Sushi Typhoon, le résultat est un film coincé dans une mécanique du « trop », que ce soit dans la provocation ou dans une critique du Japon contemporain avec 20 ans de retard – manque de communication, aliénation sociale… La critique servant de caution subversive au sein d’un film à la narration bordélique. Comme si Sono était dans l’auto-parodie constante, sur-surexagérant la moindre idée jusqu’à lui enlever toute subtilité, émotion, intérêt. À rajouter, un charcutage de la 1ère Symphonie de Mahler. Le meilleur point du film ? C’est la présence d’un bonus incontournable sur l’édition du DVD anglaise, avec le journaliste Jake Adelstein qui revient sur l’affaire originale, creusant certaines pistes au point de rendre l’approche de Sono très fade. Pwned.
Aller plus loin, la critique du film

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13 ASSASSINS
# 13 ASSASSINS

Quand Takashi Miike cherche à apprendre des vieux maîtres du cinéma japonais, pour finalement passer à côté de l’essentiel. Il s’est vraiment attaché à proposer une mise en scène léchée, au niveau des cadres et des compositions, prouvant son degré d’investissement. Mais voilà, la plupart du temps, les dialogues viennent souligner-répéter ce qui est clairement explicité à l’écran. En comparaison avec le film original de 1963, loin d’être parfait, la version de Miike n’explore jamais le potentiel des éléments du genre. Le film d’origine venait tacler violemment les principes de la société féodale japonaise, quand ce nouveau film s’arrête à montrer le courage du guerrier nippon. En fait, un traitement plat, unidimensionnel et bien trop long.
Aller plus loin, une comparaison illustrée avec l’original

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KAIJI SEASON 2
# KAIJI SEASON 2

La première saison était excellente, avec un Kaiji incarnant un loser éternel pourtant plein de ressources. Qui se retrouvait face à des paris/jeux démoniaques, contraint de faire preuve d’inventivité dans ses stratégies pour réussir à survivre. Mais cette 2nde saison est une déception, surtout dans sa seconde partie avec l’horriblement ennuyeux & interminable arc du pachinko. Il y avait pourtant des bonnes idées, comme le fait d’adopter le point de vue des adversaires de Kaiji, ou de créer la parfaite machine infaillible. Dans l’ensemble, ces défis manquent surtout d’intérêt, de gros mindfuck et d’improvisations sortant de nulle part. Le poids de la menace sur la vie de Kaiji est trop transparent. Zawa, zawa…

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OVERHEARD 2
# OVERHEARD 2

Une autre “suite” décevante. Alors que le premier film était, bien qu’imparfait, un sympathique un thriller psychologique paranoïaque, ce second film est un ratage. Les acteurs sont de retour, dans des rôles différents avec une nouvelle histoire se déroulant sur fond de crise financière. Malheureusement, ce thriller s’essoufle très rapidement, tuant toute tension ou mystère pour s’engouffrer dans du drame lourd développant autant que possible des personnages & leurs intrigues pompeuses. Trop long, trop sérieux, le film zappe ce concept de surveillance qui fonctionnait si bien dans le premier opus. À mentionner aussi, quelques scènes d’action pour rester un brin éveiller… même si réalisées à l’arrache – c’est mou, malgré le fight à moto.

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REDLINE
# REDLINE

De l’animation pour le plaisir de l’animation, certainement un délice pour les yeux rendant hommage à l’esprit des années 1980, avec une animation soignée et des perspectives de folies. Mais, cette course n’a aucune histoire ou personnage, ni sens de la tension ou du suspens pour rendre la compétition un peu plus intéressante, ou folle. De belles images, c’est pas suffisant pour tenir sur la durée. D’où un film trop long qui aurait pu être un excellent OAV, surtout avec ses 10 dernières minutes de folie. Qui montrent à quel point Redline devient efficace une fois retrouvé une simplicité sans chercher à noyer le spectateur sous des intrigues & détails lourds.
Aller plus loin, la critique du film

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PUNISHED
# PUNISHED

Une production Milkyway, ce thriller ennuyeux tourne autour d’une affaire de kidnapping avec une riche homme d’affaires se prenant en pleine face une rétribution karmique pour s’être comporté comme un loup avec les autres. Assez simplement, l’histoire ne fonctionne pas, révélant des indices majeurs trop tôt, sans réussir à susciter d’empathie pour des personnages coincés dans des problèmes de riches. Il est intéressant de noter que le film avait d’abord été développé comme un projet de Johnnie To, sous le titre « Death of Hostage », avec un récit se concentrant davantage sur l’errance personnelle du garde du corps de cet homme d’affaires matérialiste. Une approche à priori plus terre-à-terre.
Aller plus loin, la critique du film

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BLEAK NIGHT
# BLEAK NIGHT

Le guide du parfait petit cinéaste indépendant (Sud-Coréen) ; la caméra à l’épaule avec ses gros plans permettant d’être au plus près des visages tourmentés des personnages, des dialogues sans fin soigneusement écrits pour souligner la moindre idée ou émotion, une structure narrative non-chronologique embrouillante allant nulle part, des personnages tristes et nombrilistes qui passent deux heures à être… tristes et nombrilistes. En fait, l’histoire d’une amitié brisée parfaitement déprimante, lassante et longue. Quitte à essayer d’être un film subtile et sensible, autant raconter une histoire. Dans l’état, c’est une idée de court-métrage lourdement étirée.
Aller plus loin, la critique du film

http://www.youtube.com/watch?v=6QuDL3f8I_Q

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SÉANCE DE RATTRAPAGE

Ces films asiatiques sortis en 2011 à découvrir courant 2012 ;

# Heaven’s Story de Takahisa Zeze,
# Love & Loathing & Lulu & Ayano de Hisayasu Sato,
# Life Without Principle de Johnnie To,
# Flying Swords of Dragon Gate de Tsui Hark,
# Hard Romanticker
# Let’s Go!
# Headshot
# Scabbard Samurai de Hitoshi Matsumoto,
# Vampire de Shunji Iwai,
#…

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