FFCF 2011 – Compte rendu : 7ème Journée (FIN)

Mardi 18 Octobre 2011. Dernière journée du Festival Franco-Coréen du Film de cette l’année avec du film d’animation et une virée mélo-nostalgique ensoleillante. Sachez que le bilan du festoche sera publié dans le courant de la semaine.

LEAFIE (2011, OH SEONG-YOON)

L’animation coréenne essaye doucement de s’imposer, de sortir du rôle de sous-traitant des productions anime japonaises. Une ambition loin d’être facile, car même si Leafie est l’un des rares succès du genre au box-office sud-coréen, le projet s’est monté avec un petit budget – 2,5M$, en comparaison Redline c’est 8M$ – en devant subir la réticence du public local et des exploitations salles le programmant aux heures creuses – en matinée.

Le film raconte l’histoire d’une poule naïve qui tout juste libérée de sa ferme, découvre la liberté et ses dangers, et devient par hasard la mère d’un caneton. Révélant un univers très coloré, le film montre rapidement un visage comique un peu léger, jouant beaucoup sur des éléments mignons, parfois triviaux. Pour un récit alignant des personnages très simplement identifiables, comme la Loutre clown, le beau prince Voyageur… qui restent confinés à une fonction. D’où un aspect général très enfantin, et des gags lourdingues – “oh zut, la Loutre faisait caca !”.

Même si le thème du devoir maternel, de son poids et de sa responsabilité, traverse l’ensemble du récit, ça prend vraiment forme trop tardivement lors d’un virage très fataliste. Et pour le coup, pas vraiment mignon. Mais avant d’en arriver là, Leafie se disperse dans des pistes essayant de développer des personnages trop caricaturaux pour maintenir l’intérêt sur la durée. Il y a encore un peu de chemin à faire pour rivaliser avec la finesse d’écriture des productions japonaises (3,5/10).
# Fiche FFCF

SUNNY (2011, KANG HEYONG-CHEOL)

Autre surprise du festival, ce mélodrame nostalgique suivant la réunion d’un groupe d’amies de lycée 25 ans plus tard, alors que l’une d’entre elle est atteinte d’un cancer. Le film se montre surprenant dès les premiers instants, avec une façon de mettre en place cet espèce d’amertume d’une femme mariée dont les étincelles sont ignorées du reste de sa famille. Où une musique pop entraînante fait subitement place aux news du matin. Et tout le film va se placer dans l’idée de rappeler l’importance de ces étincelles, va jouer sur les contrastes entre les espoirs de l’époque du lycée et la réalité de la vie, pour délivrer une bonne dose d’émotions.

C’est coloré, c’est pétillant, avec une réalisation qui réussit à trouver un équilibre entre le dramatique et le comique. Tout en proposant des superbes séquences et autres idées simples mais efficaces. Par exemple, les flashbacks se mêlent avec une fluidité incroyable au présent, c’est des travellings qui remontent littéralement le temps, c’est une volonté de créer une sorte de discussion entre les époques via un dispositif de mise en scène bien huilé. Qui évite le côté trip nostalgique du “c’était mieux avant”. Et arrive à sublimer certaines chansons limite mielleuses ou ringardes, parce qu’il y a une ambiance, des personnages attachants.

Fascinant de voir à quel point le réalisateur possède un sens du cadre – les compositions de certains plans larges, ainsi qu’un sens de l’écriture (ludique) alignant des bonnes idées et de bonnes reparties – les fights entre gangs de filles. Il dresse aussi discrètement le portrait de la Corée du Sud du milieu des années 80, avec les cours anti-communisme, la place de l’armée, les révoltes étudiantes – la scène de l’émeute est sublime. Au final, Sunny, c’est du bon mélo touchant qui met aussi bien la larme à l’oeil que le sourire aux lèvres (7/10).
# Fiche FFCF

http://www.youtube.com/watch?v=dOGLHQk4Xh4



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