Le “flop” cannois japonais ?

Le quotidien nippon Asahi revient sur le festival de Cannes 2011, qui comptait deux films japonais en compétition officielle, Hanezu de Naomi Kawase et Ichimei de Takashi Miike. Deux films qui n’ont ni reçu les faveurs de la presse internationale, ni touché le jury officiel… D’où la volonté du journal de comprendre cet “échec”. Et les raisons invoquées sont plutôt consternantes. Pour exemple, prenez la conclusion ;
Si les films japonais ont profité d’une aura exotique auprès du public occidental jusqu’à maintenant, ce résultat cannois semble suggérer que la différence culturelle peut parfois aveugler la capacité du spectateur à comprendre et à ressentir les films.
Hum, “vous autres les occidentaux, vous n’aimez pas nos films parce que vous ne les comprenez pas“. C’est pour de vrai cette réponse ? Eh oui, l’article est daté du 5 Juin 2011 et passe à côté de plusieurs points importants :
# Les films en compétition ne gagnent pas toujours. Participer ne veut pas nécessairement dire remporter un prix. La qualité du film n’est pas remise en question pour autant, de même pour l’intelligence du jury. Ça veut surtout dire que le film n’a rien gagné. Et les films japonais ne font pas exceptions à la règle.
# Le journaliste ne remet jamais en doute la qualité des films. Alors que dans la plupart des critiques cannoises, les arguments revenant le plus souvent étaient, “trop long”, “ennuyeux”. Bon, les journalistes cannois ne sont pas forcément les meilleurs juges, mais quand même, ces films ont des défauts. Autant prendre ça en considération ?
# D’une certaine manière, la réalisatrice Naomi Kawase est un pur “produit” du festival de Cannes. Elle a été découverte là-bas (Caméra d’or en 1997), elle a gagné une réputation internationale là-bas (Grand Prix en 2007). Dit autrement, elle a toujours été mieux compris par les festivals occidentaux qu’au Japon.
# Le film Hara-kiri original avait remporté le Grand Prix en 1963. Et d’après les critiques cannoises, cette version serait plus subtile et plus compliquée que le remake signé Takashi Miike. Dont la 3D a été perçue comme “inutile” (voir des extraits 2D). Oh, et le film a trouver un distributeur français !
# L’article zappe complètement le Guilty of Romance de Sion Sono. S’il n’était pas en compétition, le film a été projeté en première mondiale à Cannes (dans la sélection parallèle Quinzaine des réalisateurs). Le film n’a rien remporté, mais il a été vivement salué par la presse et le public cannois (pour certains, ce serait l’un des meilleurs films asiatiques projetés à Cannes cette année). Oh, oh, et le film sortira au Royaume Uni !
Merci Asahi pour ce point de vue étriqué ? Comment on dit déjà… FAIL ?









Surtout que le commentaire hyper pragmatique de Kawase (“Even if people do not understand the Manyoshu, if they can follow the plot that follows three people, two men and a woman, surrounded by nature, with something happening, then I suppose that’s all right”) vient complètement contredire l’article…
Le cinéma japonais a été a une époque le meilleur au monde,mais ce n’est malheureusement plus le cas depuis longtemps,l’animation nippone a repris le relais et ce critique nippon semble ignorer le nombre d’animés distribués de par le monde,et les bonnes critiques qu’ils récoltent!
Entre des films commerciaux avec des acteurs et actrices venant de la chanson,choisi plus pour leur vedettariat que pour leur talent d’acteur,et des films d’auteurs bien hermétiques et ennuyeux pour les festivals ,il faudrait peut être que le cinéma nippon se remettre en question avant critiquer les occidentaux,et s’inspirer du Cinéma de Hk et Coréen ou c’est la que maintenant viennent les films les plus intéressants
Et en france,on préfère distribuer tout les films de MIIke,plutot que de chercher plus loin ,ses premiers films en Direct to video étaient calamiteux, irregardable tellement c’est réalisé n’importe comment ,on est bien loin de Kurosawa ,qui semble maintenant bien oublié comme tout les autres réalisateurs qui ont fait la renommé du cinéma nippon
Ce critique nippon parle surtout du festival de Cannes, où aucun représentant de l’animation japonaise n’a été sélectionné cette année. Par contre, quand le gratin de la critique japonaise pense anime, c’est pas forcément plus rassurant…
Il semblait bien que ces deux films n’étaient ni les meilleurs de leurs auteurs, ni même forcément des bons représentants du cinéma asiatique. Il y a toujours des aberrations à Cannes, c’est des compromis et enjeux qui aboutissent à certaines erreurs manifestes. Juste sur le cinéma japonais, Kiyoshi Kurozawa a toujours été un peu humilié je trouve, Kairo et Tokyo Sonata auraient largement pu être en compétition au lieu de Un certain Regard.