Cannes 2011 : Guilty of Romance de Sion Sono

Mieux vaut tard que jamais, Sion Sono était sélectionner en section parallèle à Cannes pour présenter son dernier projet, Guilty of Romance. Et les quelques retours presses sont positifs.

Dilemme ? À savoir qu’il existe 2 montages différents du film ; la version longue (143 min) qui est le montage japonais venant d’être diffusé à Cannes, et la version courte (112 min) qui est le montage international. Pas de director’s cut donc, mais un Sion Sono qui aime les 2 versions, en avouant dans cet entretien avoir une préférence pour la courte. Voilà pour l’explication officielle.

Plus précisément, Twitch nous donne quelques infos sur ce qui pourrait être la principale différence, “la version courte élague grandement toute la partie enquête du film”. Pour FDC, une version “dégraissée d’une demie-heure ne serait pas forcément un mal” vu à quel point le film est “en surchauffe permanente, menaçant sans cesse d’exploser”. Alors que THR se demande “comment de tels changements pourraient permettre d’attirer un public plus large”, parlant même d’un choix “qui reste discutable”.

Intro. Le film est présenté comme un “conte initiatique baroque et anar sur la jouissance féminine” par Excessif, un “portrait de femmes outrancier, violent, et hyper sexuée” ajoute FilmoSphère, pour une “quête d’identité et de pouvoir” écrit Twitch. Un “thriller érotique transgressif, proposant quelques idées intrigantes en début de film, pour ensuite se perdre dans un mélange barré de prostitution, fétichisme, réflexions littéraires décalés et autres envolées mélodramatiques”, nous dit THR.

Variety parle d’un “récit kafkaïen” qui “combine une violence graphique à une sexualité outrancière, tout en martelant l’idée que les femmes exploitant leur beauté auprès des hommes pour atteindre le pouvoir est en quelque sorte une bonne chose”. Excessif considère que “l’intrigue volontairement sinueuse tend vers la farce romantique et gore de dernière minute” et s’impose comme un “véhicule permettant d’exposer les obsessions du cinéaste”. Mais bémol de la part de THR, qui trouve ici le commentaire social de Sion Sono très superficiel en raison d’une outrance dans les “dialogues, le sexe et le gore occassionel”.

D’autres détails. FilmoSphère souligne les “images d’une beauté plastique fulgurante”, quand Independencia remarque que “chaque décor du film est comme une chambre à thème d’un hôtel”. Et FDC de voir là “une plongée dans le chaos d’un Tokyo halluciné, surcoloré, psychédélique, qui rappelle celui de Gaspar Noé dans Enter the Void”. Sans oublier les actrices, “délivrant chacune une performance” nous dit Twitch.

Conclusion. “Sion Sono s’impose de plus en plus comme l’héritier de Shuji Terayama” écrit Excessif, tout en prévenant qu”il “vaut mieux connaître Sono avant de s’y aventurer” car “chez lui, la provocation tient plus du désarroi que du simple vernis épate-bourgeois”, pour un “résultat est fascinant et inquiétant jusqu’à l’hypnose”. Alors que chez Twitch, le film “surprendra certainement ceux méconnaissant l’oeuvre de Sono, et bousculera ses fans de longue date avec l’un de ses films les plus troublants”. Pour FilmoSphère, c’est une “oeuvre ultra intègre et généreuse” qui “confirme le goût de Sion Sono pour la perversion des genres”, en fait, “un nouveau bijou complètement fou”. Finalement, FDC parle d’un film “mi-assommant mi-vertigineux” en se demandant si “La France va-t-elle enfin s’éveiller à Sono Sion ?”. Bonne question.

# Extraits du film, Révélant la soumission d’une femme mariée (1er clip), qui devient un modèle, timide dans un premier temps, elle est poussée à dépasser ses limites, à s’ouvrir littéralement (2ème clip). Pour finalement être libérée, et s’amuser avec un passant en plein fantasme devenu réalité — où au passage, un Sion Sono fait une courte apparition de dos avec son habituelle chemise rouge & noire (3ème clip). Une seule femme. Différents visages. Quelle identité ?



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