Premier coup d’oeil sur le Hara-Kiri de Takashi Miike

Avec trois extraits désormais visibles, Hara-Kiri : Mort d’un Samouraï, nouveau film de samouraï réalisé par Takashi Miike se révèle un peu plus (oubliez le teaser frustrant). Nous permettant d’avoir une première idée sur le travail du cinéaste nippon, en attendant de pouvoir découvrir le film, à sortir en France prochainement.

#1, Une élégante scène dans laquelle un samouraï déchu clame son humanité. Plusieurs points à remarquer ici : le soin apportée à la mise en scène, avec un Takashi Miike directement inspiré par l’âge d’or du cinéma japonais ; des compositions en accord avec le cheminement émotionnel des personnages, la détresse qui s’imprime sur un fond rouge pour virer à la tragédie lors du léger avancement du perso se retrouvant entouré par 2 gardes ; le jeu des symboles, c’est faire tomber l’amure, en ignorant la frontière visuellement inscrite par les 2 bougies ; un jeu d’acteur, qui sans égaler Nakadai, se fait en douceur et avec nuance.

#2, Quelques secondes avec la fameuse scène du suicide. Et comparée à la scène originale, la version de Miike évite de livrer trop d’explications. Ici, du moins dans ce clip, le bourreau n’explique pas comment faire le seppuku, et pourquoi il est nécessaire de le faire selon la tradition. Miike ne souligne pas autant la cruauté, et l’inhumanité des traditions. C’est plus simple, même si le sentiment d’injustice demeure. Remarquez quelques intéressantes compositions ici avec par exemple, l’opposition entre le suicidé (en blanc), et le Seigneur (en noir).

#3, Un repas de famille montrant comment la vie était avant le drame (extrait précédent). Avec un bonheur omniprésent, grâce à la bande-son de Ryuchi Sakamoto, qui se révèle bien plus classique et orchestrale que celle du film original. Bizarrement, ici, la femme reste isolée (piliers en bois), tandis que les gros plans sont réservés au grand-père et à son bébé (souvenez-vous qu’il est le conteur de cette histoire, cette mise en scène renforçant ses émotions, et sa future perte ?).

Ces extraits présentent un Miike dans la continuité directe du travail effectué sur 13 Assassins. À priori débarrassé des lourdeurs d’écritures pour un résultat plus parlant visuellement, et émotionnellement. Un bon signe, même si l’utilité même du remake reste en question : Y a-t-il besoin de remaker pour réaliser un film (original) de samouraï avec une mise en scène inspiré ?

Sources : Festival de Cannes



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