(B.A) Hara-Kiri: Mort d’un samouraï

Hara-Kiri: Mort d'un samouraï

Simple remake anodin d’un énième film de samouraï oublié ? Non.

Le remake par Takashi Miike des 13 Assassins est largement considéré comme l’un des meilleurs japonais de l’année 2010, un cocktail violent jugé épique, avec une réalisation sous influence d’une vieille école (pour rappel). Un qui possède pourtant quelques problèmes, comme la tendance à sur-expliquer tout, une histoire molle et plate, un combat final interminable… De quoi s’interroger sur ce qui nous attend avec ce nouveau remake, Hara-Kiri: Mort d’un samouraï.

Le film original, Hara-Kiri, réalisé en 1962 par un certain Masaki Kobayashi n’est pas n’importe quel film de samouraï. C’est un classique. Avec une mise en scène imposante, racontant avec intensité et précision une tragédie, des combats courts mais magnifiques, Hara-Kiri explorait aussi le genre pour critiquer la société japonaise (féodale). Le film de samouraï par excellence, immanquable !

Autant dire que Takashi Miike se retrouve face à un sacré challenge avec ce Hara-Kiri: Mort d’un samouraï (le titre original, Ichimei, semble se traduire en français par “Une vie”). En sachant que cette nouvelle version nous contera la même histoire, celle d’un samouraï sans maître solitaire qui vient frapper à la porte d’un Seigneur pour y accomplir le suicide rituel. Et raconter son histoire avant de mourir. Un film qui lorgne plus vers le drame-vengeance intimiste, que vers la fresque outrancièrement épique et barbare.

Le film a été présenté à Cannes en Mai 2011 où il a reçu des critiques mitigées de la part d’une presse qui semblait attendre un Miike déjanté, là où le film se révèle être du drame classique. Avec le réalisateur cherchant une nouvelle fois à apprendre de la mise en scène du film original. Le résultat a été jugé académique. Et cette bande-annonce, en plus de ces 3 extraits, confirme le soin visuel apporté au film, avec certains plans provenant directement du film de 1962 ! Si la démarche est intéressante, et la forme plaisante à découvrir en ces temps de platitudes téléfilmesques japonaises, c’est du côté de la substance que proviennent les quelques doutes. Tout comme avec 13 Assassins, il y a l’hypothèse d’un récit simplifié au rythme inégal.

Hara-Kiri: Mort d’un samouraï sort dans les salles françaises le 30 Novembre 2011.

Un court complément sur la bande-son. Le teaser cannois nous proposait d’écouter une musique dramatique solemnelle passe-partout, composée par Ryuchi Sakamoto. C’est intéressant de remarquer qu’il adopte une direction différente de ce que Takemitsu avait proposé pour le film original en 1962. À savoir, une partition tendue, quasi-experimentale, très rythmée et utilisant des instruments japonais traditionnels (une première pour l’époque) (écouter le thème original sous la vidéo).

Le thème du film original, pour un résultat est très différent ;

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Sources : Official website, Nippon Cinema, Moviewalkerkmtg@YT




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2 Commentaires

  1. eugene says:

    Aie aie aie, ils s’attaquent à Hara-Kiri les malheureux, ils risquent de se casser les dents. Où est l’intérêt de faire un remake de ce film, dont il n’y a rien à enlever, ni à ajouter ? Bientôt un remake des 7 samourais ?

    Bien vu pour le thème original du film qui tire le suspense et maintient une tension irrésistible du début à la fin. Quel film, quelle musique ! Et ça, quelques années avant les western spaghetti. Ça a quand même une autre gueule que la soupe de pathos dans la BA du remake.

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  2. wam says:

    Quelques infos supplémentaires provenant de la bouche même de Takashi Miike, qui dans le dossier de presse cannois révèle avoir été attiré par l’aspect drame universel du projet, en précisant que l’une des manières de comparer le remake et l’original c’est de considérer la “dynamique de l’époque” (peu flatteur pour la prod actuelle ?). Il parle aussi de la 3D dans le film, s’attendre à des “effets de stéréo spatiale” qui semblent à priori bien adaptés à l’environnement de l’histoire (cour intérieure carrée, ruelles désertes, terrain vague…) ;

    CE QUI ENFLAMME LE CŒUR
    Le hasard a fait qu’après 13 Assassins, j’ai décidé de refaire un film qui soit lui aussi une épopée, mais je n’ai pas l’intention de me cantonner à ce genre cinématographique. Ce qui compte, c’est la qualité plutôt que la quantité. Par qualité je veux dire ce qui enflamme le cœur ou permet de se sentir libre pendant le tournage. A l’inverse, à l’automne prochain, je réaliserai une fiction télévisée destinée à passer en deuxième partie de soirée avec un budget ultra modeste. Mais les films à petit budget procurent une excitation qu’on ne ressent que dans ces projets-là.

    LA SOUFFRANCE HUMAINE
    Ce qui me passionne dans la réalisation de ce remake du grand film de Masaki Kobayashi, c’est la possibilité de ressentir concrètement l’universalité de la souffrance humaine que Hara-Kiri, mort d’un samouraï décortique jusqu’au cœur, en transcendant les époques, les genres et les pays.

    LA BETISE ET LA TRISTESSE
    Je crois que ce qui m’a attiré dans le thème de Ichimei, c’est toute la bêtise et la tristesse de l’incapacité à anticiper avec justesse l’avenir proche. Et à mon avis, même après avoir vu ce film, on est encore pris de pitié pour la tragédie du personnage principal et l’on ressent encore cette tristesse qui vous fait monter aux yeux des larmes de compassion pour les problèmes des autres. Mais, sans doute les spectateurs y trouveront-ils différents messages, chacun en fonction de sa propre réalité. Je crois qu’un réalisateur ne peut jamais leur retirer cette liberté.

    EN TANDEM
    Mes « nouvelles versions » ont beaucoup de point communs avec les films originaux. Et en même temps, tout y est un peu décalé. La question de l’originalité ou le pinaillage sur des détails insignifiants ayant été évacués depuis longtemps, on ne peut pas comparer deux œuvres en les plaçant côte à côte. Elles sont reliées comme en tandem, dans la dynamique de l’époque où elles ont été créées.

    LA JALOUSIE
    Je n’ai pas la nostalgie des vieux films japonais, mais j’en suis jaloux. Jaloux parce que les équipes qui ont réalisé ces films avaient tout ce que les cinéastes japonais ont aujourd’hui perdu : leur énergie, leur passion, les studios d’autrefois qui fourmillaient de rêves et de gens pour les réaliser, les investissements des studios dans les ressources humaines etc .

    LE TOURNAGE EN 3D
    Pour moi, ça n’a rien changé de tourner en 3D. Sur le plateau, j’ai vécu la même expérience que pour n’importe quel autre film, avec une seule différence : le rythme de tournage qui était légèrement plus lent que d’habitude. Finalement, ce film sera sans doute apprécié par ceux qui recherchent déjà, à travers l’éclairage et les angles de prise de vue, des effets de stéréo spatiale dans le monde de la 2D. Rien n’a changé dans mon approche, mais ça m’a permis de frimer en disant au réalisateur du plateau voisin : « Oh ! Ton film est tout plat alors que le nôtre est tout en creux et en bosses ! »

    MES ATTENTES
    Je serais ravi que le public pense que ce qui pouvait être exprimé en 2D l’est aussi bien en 3D. Quand à ceux qui ne sont pas fans de la 3D, j’espère qu’ils diront : « Ouah, la 3D, ça marche ! » Ce serait formidable que les gens plus âgés disent : « C’est vraiment intéressant, la façon dont ce film jaillit vers moi et m’aspire. » Je suppose que, pendant quelques années encore, la 3D restera simplement une option dans la réalisation des films. C’est sans doute le public qui déterminera la suite de l’évolution. Pour ma part, j’ai bien l’intention de réaliser d’autres films en 3D. Et ce que j’aimerais, si j’en ai la possibilité, c’est faire en sorte que des choses qui ne devraient normalement pas sortir de notre corps soient projetées vers le spectateur.

    LA MUSIQUE DE RYUICHI SAKAMOTO
    Du fond de mon cœur, je suis reconnaissant à Ryuichi Sakamoto pour avoir composé cette merveilleuse musique. Les âmes des personnages crient dans la bande son. Sans pour autant que ces sons ne soient assénés au public, qu’ils le dominent. Sa musique remplit une salle de cinéma comme de l’air, tranquillement, discrètement. Cependant, son assurance et son autorité demeurent. Ryuichi Sakamoto est un artiste qui ne se laisse pas prendre à l’illusion intrinsèque à la 3D.

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