Coup d’oeil sur Le révolté

Quand Oshima quitte les studios de la Shochiku, il rejoint le temps d’un film un autre grand studio, la Toei. Là-bas, il y réalise Le Révolté, l’histoire d’un jeune leader (religieux) s’opposant à un gouvernement répressif. Un sujet qui semble correspondre parfaitement à l’état d’esprit d’un Oshima, après tout déjà responsable d’un Nuit & Brouillard au Japon, tournant autour d’un groupe de gauchistes révoltés en pleine débâcle.

Pourtant, je crois qu’Oshima va saboté ce projet commercial avec de très gros sabots ;

# Il n’a aucune notion de genre, et n’essaye pas d’en développer. Au lieu d’explorer les possibilités du film historico-samuraiesque, comme tant d’autres artisans (subversifs) des studios jouant avec le symboles & élements pour amplifier la force des histoires racontées (voir le Sabre du Mal d’Okamoto, le Grand Attentat de Kudo). Oshima joue principalement avec les attentes de l’audience. Vous étiez venus voir un film de divertissement avec des combats ? Dans vos rêves.

# Le film est principalement construit en plans séquences. Style habituel du cinéaste à l’époque, c’est aussi et surtout un moyen très pratique pour accelerer le tournage d’un film (une astuce largement utilisée par certains artisans, comme Tai Kato, pour palier aux contraintes de production). De cette manière, Oshima renforce le rythme lent d’un film définitivement anti-spectaculaire (ou ennuyeux, c’est selon).

# Ce faux chambara s’apparente plus à un drame terre-à-terre avec des paysans & samouraïs discutant de religion (et d’oppression), ou tranchant surtout des petits arbustes. Avec l’une des vedettes du studio, Hashizo Okawa, jouant comme un véritable monolithe, sans charisme, ni héroïsme (voir l’image titre).

# L’assassinat, d’un autre jeune réalisateur de l’époque nommé Masahiro Shinoda) réussissait précisément le sabotage là où Oshima et sa vision unidimensionnelle ont échoué. Parce que Shinoda n’essayait pas d’être plus malin que son audience. Il a embrassé le genre pour mieux jouer avec. Afin de créer un chambara original (très intellectualisant), interrogeant la vision officielle de l’Histoire du Japon tout en déconstruisant les icônes du genre.

http://www.youtube.com/watch?v=Y3IP_K-TJXs




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