Revue de presse : Arrietty le petit monde des chapardeurs

Le Ghibli nouveau débarque sur 215 salles françaises (contre 243 copies pour Ponyo et ses 912 877 entrées), Hayao Miyazaki fait place au jeune réalisateur Hiromasa Yonebayashi pour son premier film. Et à en croire les critiques françaises, l’ombre du Maître domine les merveilleuses aventures d’Arrietty.

La Croix cherche à nous rassurer, Arrietty condense “tout ce qui fait la valeur, l’intelligence et l’humanisme des œuvres Ghibli, loin des aventures des Minimoys d’un Luc Besson“, quand Le Point préfère une autre comparaison, parlant d’un “émerveillement aux antipodes d’un Shrek 3“. Il n’y avait bien qu’un critique en peine pour oser associer Ghibli à ces purges cyniques, Captain Obvious à la rescousse ? Mais pourquoi lier des bonnes références, quand une opposition bien marquée suffit à rassurer nos pauvres esprits ?

Enchantement, le mot revient à plusieurs reprises. Ainsi Le Monde termine sa critique en confirmant que le film “reste de bout en bout un enchantement” avec une “qualité de l’animation irréprochable”. De même du côté du Figaro, avec “un enchantement” en conclusion, tout en ayant précisé au préalable qu’ici, Ghibli “fait l’éloge de la différence, du recyclage et parle avec tendresse des exclus et des plus démunis“. En fait, une “fable dans l’air du temps“. Ou un manifeste social sur l’enchantement donc (croisant une réflexion sur la lutte des classes) ?

Dans la même optique, L’Express se montre néanmoins plus critique, “à mesure que le récit file la métaphore sur une société scindée entre ceux qui possèdent et ceux qui chapardent, Arrietty s’enfonce dans le sirupeux“. En cause ici, un “déséquilibre entre l’histoire et sa mise en scène” visant directement l’absence de Miyazaki, avec cette “réalisation derrière laquelle on ne sent aucun artiste“. Excessif rajoute qu’il “manque toutefois la folie, le surréalisme et la nouveauté pour ressentir le vertige“, avec un “Yonebayashi [qui] exécute un beau travail de disciple” sur un film dominé par “le style des maîtres [reconnaissable] à chaque plan“.

D’ailleurs, Télérama tisse un parallèle avec l’oeuvre du Grand Miyazaki avec cette “histoire de gentils parasites devenus de lointains cousins de la farouche Princesse Mononoké ou du débonnaire Totoro, les représentants d’un monde enchanté en voie de disparition“. Quoi, comment ça, pas de Révolution Rouge en vue du Monde Enchanteur-ouvrier ?! Juste un rappel de cette réalité magique qui nous entoure ?

En résumé, une réponse critique française plutôt favorable, qui n’hésite pas à jouer de parallèles parfois obscures (Dreamworks ça ne peut pas être Dragons), ou tout simplement, à ressortir les bonnes vieilles interprétations (une bouleversante mise en abyme sur la condition de l’être-minipouce, comme dirait l’autre). La critique souligne aussi le superbe travail d’un jeune réalisateur, regrettant quand même l’absence du Vrai Artiste Miyazaki. À voir.




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