Coup d’oeil sur Accident

Si certains ont préféré théoriser sur le véritable réalisateur d’Accident, l’un des meilleurs films HK produits en 2009, une chose est sûre, le film propose suffisamment d’idées pour qu’on s’y attarde un peu ! Mais libre à vous de passer à côté…
Accident, c’est donc l’histoire d’une bande chorégraphiant des meurtres pour donner l’illusion d’un simple malheureux hasard. L’idée importante ici, c’est celle du contrôle et l’obsession intérieure qui en découle chez le chef du groupe.
La narration du film exploite cette ambiguité permanente, cette atmosphère paranoïaque, en faisant simplement parler les images. Nous plongeant à notre tour dans la paranoia bien sûr, d’où l’importance des détails qui créent des motifs/mécanismes visuel : un mégot, une feuille, des miroirs, un reflet… Des motifs qui évolueront durant l’histoire.




Cette idée de contrôle se manifeste aussi dans la place occupée dans les plans par les personnages, qui sont souvent isolés, limités voire même détachés d’une réalité. Ou peut-être simplement prisonnier de leur perception du monde. Mention spéciale au plan de la fenêtre en bulle, sorte de mise en abyme : qui de l’observé et de l’observateur vit vraiment dans une “bulle” ?




Revenons sur les systèmes/mécaniques engendrés par les petits détails qui finissent par définir la psychologie des personnages. Voici un bon exemple, une simple ouverture de porte permet d’établir une opposition, ou un lien, entre le comportement de ces hommes.


On trouve d’autres détails nécessaires à la narration, comme la pluie. Qui devient un véritable outil dramatique, tout en renforçant l’isolement des personnages dans l’environnement. Comme dans ce passage clé du film. Rappelons que la pluie fait aussi et surtout référence à la Nature, en rapport avec le conflit central du film (voir juste après).

Enfin, en guise d’illustration du contrôle de la vie, nous trouverons des plans angulaires gonflés par une courte focale en phase avec la perception carrée-étouffante du monde (je mets de côté ce qui concerne l’opposition entre les 2 plans).


Autant d’idées, de subtilités s’introduisant donc discrètement dans l’oreille du spectateur pour lui raconter une histoire, non sur la folie ou la paranoïa, mais sur la peur de vivre et tout ce que ça implique. “Un exercice de style chichiteux” au “caractère assez vain” qu’on nous disait !










[...] Johnnie To. Leur première collaboration ensemble avait donné naissance au thriller minimaliste Accident, dans lequel To calmait très clairement la furie habituelle de Cheang, pour le meilleur. [...]