Les brouillons de Summer Wars


La sortie française de Summer Wars nous avait offert l’opportunité de parler du film et de son réalisateur. Poussé par certains, j’en ai profité pour creusé la filmo du réalisateur Mamoru Hosoda. Et je vous invite à faire de même le plus vite possible !

Tout d’abord, les 2 premiers films Digimon. Quoi Digimon ? Ce clône commercial des Pokemon ? Oui, mais avec Mamoru Hosoda au poste de réalisateur, ces 2 films se révèlent non seulement accessibles à tous ET superbes. Le 1er film dure à peine 20 minutes et marque la première rencontre entre le héros et sa soeur avec les fameux Digimon, ces monstres digitaux capables de franchir la barrière du virtuel pour venir tout dégommer dans notre réalité.

On y trouve une relation touchante frère-soeur-digimon (qu’on voit évoluer), avec une virtualité qui prend un arrière goût de monde imaginaire accessible seulement aux âmes innocentes – les enfants. Une atmosphère accompagnée par des idées simples (le siflet, le boléro…) qui réussissent à introduire l’univers Digimon, mais surtout des émotions. Pas mal pour des personnages qui nous étaient parfaitement inconnus 20 minutes auparavant.

Le second film, Our War Game, dure 40 minutes, c’est le brouillon de Summer Wars situé en l’an 2000. Avec un monstre qui dévore Internet, affectant directement la réalité. Comme une menace atomique. Si l’Internet de l’époque est bien moins développé, moins vaste, visuellement, on nage déjà en pleine esthétique superflat. Un monde coloré, simple, avec des éléments à plat.

Ce qui est aussi intéressant avec ces 2 films Digimon, c’est les différentes couches composant l’univers. Il y a la réalité, la virtualité (Internet), plus l’imaginaire des enfants, et les adultes (au mieux, ils constatent les problèmes mais n’en connaissent jamais la véritable cause, seuls les enfants perçoivent les Digimon). Au passage, voilà à quoi ressemble Internet dans Our War Game ;

Comme le mentionnait Tetho dans le podcast – voir fin d’article, le premier film tourne autour de l’innocence de l’enfance quand le second film traite du besoin du jeu (le méchant Digimon veut juste s’amuser).

On passe ensuite à l’épisode 40 de Magical Dorémi (saison 4). D’une série kawaiienne à 100% sur des petites apprenties sorcières bien mignonnes, Hosoda nous propose là un épisode incroyablement mélancolique et mature, ancré dans la réalité des personnages. Confrontant la petite Dorémi à la réalité de sa décision à devenir sorcière, des conséquences de ce choix… amenant la petite fille à s’interroger sur sa place dans le monde (l’épisode débute avec “j’ai rencontré quelqu’un de spécial aujourd’hui, je me demande si un jour je comprendrai vraiment ce qu’elle m’a dit…“).

Tout ça, exprimé à travers sa rencontre avec une sorcière qui a arrêté d’être une sorcière. Il y a un superbe travail sur le temps qui passe, avec une Dorémi qui s’impatiente de pouvoir retourner en fin de journée voir cette sorcière, et quand elle y est, le temps semble disparaître. Sublime épisode. Allez lire la chronique pertinente et détaillée de Tetho !

Enfin, One Piece le 6ème film, dans lequel un équipage de pirates se retrouve sur une île secrête supposée être un paradis. Alors que dans ses autres films, Hosoda met toujours en avant l’union d’une équipe, d’un groupe, ici, c’est complètement l’inverse. Et apparemment, ce film serait le résultat direct de l’expérience du réalisateur chez Ghibli, où en l’absence d’un capitaine pour diriger, le groupe s’éparpille (Hosoda devait réaliser Le Château dans le ciel, projet finalement repris par Miyazaki).

On pourrait aussi considérer l’île secrète comme une sorte d’univers parallèle divisé entre le monde du Baron et celui des pirates survivants dans l’ombre. D’une certaine manière, c’est un rapport virtuel/réalité mais vu la tonalité amère du film, j’ai dû mal à soutenir cette remarque : il n’y a pas de complémentarité entre les 2 mondes. Donc, sans trop en dévoiler, on est plus dans la recherche d’un refuge (carrément glauque).

Visuellement, l’île est très riche, on verra par exemple un changement de décor mécanique façon horloge géante qui fait penser aux futurs visuels superflat. Ou encore une sorte de Venise, pour finalement atterrir dans une ambiance apocalyptique. Et bien sûr, le fameux Luffy punch que voici – où comment amplifier une émotion ;

Pour en savoir plus, ouvrez-vos oreilles du côté des Otakommunistes !




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1 Commentaire

  1. tom et jerry says:

    Il a aussi réalisé l’épisode 49 de cette même saison 4 de Dorémi. Toujours chez Toei, on lui doit aussi l’épisode 199 de One Piece, ainsi que les génériques et les très impressionants épisodes 5, 12 et 26 d’Ashita no Nadja.

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