La non-polémique Air Doll


Quand Air Doll est présenté à Cannes en 2009, un critique de libération s’en va interviewer Bae Doo-na, l’actrice du film. Et c’est à ce moment-là qu’arrive l’incroyable, l’impossible, l’inimaginable.

Sans exagération aucune, le critique se lance alors dans une remarque censée témoigner de sa fine analyse. Mais sans jamais réaliser que ce n’est pas le sujet du film, notez sa dernière phrase… Au passage, sa remarque me rappelle cette question sur les clichés.

..j’avais tilté sur l’aspect délicat de la chose: le fait de jouer un ersatz sexuel dans un film japonais n’allait-il pas mettre la comédienne en situation délicate dans son propre pays, qui continue de demander réparations au Japon pour l’enrôlement forcé de dizaines de milliers de « femmes de réconfort » (esclaves sexuelles en fait) coréennes pendant la Seconde Guerre mondiale. La réponse, longue et accompagnée d’un sourire, s’avéra en fait grinçante, une fois la traduction effectuée.

En substance, Doo Na Bae, s’insurgeait sur le mode: je ne comprends pas comment vous avez pu penser à ça et encore moins oser poser cette question, qui me choque énormément. J’ai bien tenté de lui expliquer qu’il n’y avait rien de personnel mais que, connaissant les susceptibilités entre la Corée et le Japon, on pouvait légitimement se demander. Elle finit par reprendre sa réponse pour conclure d’un catégorique: « La politique, c’est la politique et l’art c’est l’art ».

L’incident était oublié lorsque j’appris que l’actrice avait fait un esclandre auprès des producteurs japonais, qui s’en sont émus auprès de l’attachée de presse. En fait, ils craignent vraiment qu’une polémique éclate sur ce sujet et font tout pour « lisser » toute communication. Donc, j’avais vu juste…

À savoir que le film est sorti en Corée du Sud début Avril 2010, qu’il a été interdit aux moins de 18 ans et que d’après les échos, la critique a salué le film, l’actrice et le réalisateur japonais. À part ça, le seul point qui semble avoir marqué la presse, c’est le fait que Bae Doo-na avait une scène de nu.

On peut légitimement se demander si Air Doll ne serait pas une métaphore sur les effets néfastes de la pêche aux dauphins. Hé hé…. ?

Pointé par Eigagogo




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1 Commentaire

  1. peyolt says:

    L’article publié dans les pages du journal, avec les citations complètes ;

    «Réconfort». Doo Na Bae regarde peu son interlocuteur dans les yeux, elle sourit rarement et rit encore moins. Généralement, c’est lorsqu’elle est gênée ou qu’elle a quelque chose de désagréable à dire. Ce qui finit par arriver quand on lui demande si elle n’a pas été la cible de remarques en Corée, sachant le contentieux qui oppose Tokyo et Séoul sur le recrutement forcé d’esclaves sexuelles coréennes (surnommées «femmes de réconfort») pendant la Seconde Guerre mondiale. «Le cinéma est indépendant des nationalités. Cela relève de l’art, pas de la politique. Je suis actrice et je n’ai pas de frontières. Cette référence me choque.» Puis elle se radoucit en expliquant : «Evidemment, en tant que Coréenne, je n’oublierai jamais ce qui s’est passé et je ne peux pas l’approuver. Mais, au niveau culturel, les deux pays s’apprécient, particulièrement dans le cinéma.»

    Lorsqu’elle tourne, Doo Na Bae n’a pas d’autre nationalité que son métier : «Je suis prête à travailler n’importe où, dans n’importe quelle langue si l’on me propose un rôle intéressant.»

    Oui, parce qu’il s’agit à la base d’un véritable portrait sur l’actrice… Ah.

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