(Critique) Monga de Doze Niu


Guerre des gangs à Taipei sur fond d’amitié, de fraternité, de romance et de tragédie, forcément. Une belle découverte en provenance de Taiwan, à découvrir !

1986. Mostiquo vient d’emménager dans le quartier de Monga à Taipei (Taiwan). Il se fait remarquer dès son premier jour de classe par 4 lycéens respectés, alors qu’il se fait attaquer par des brutes. Il sera invité à les rejoindre, et à eux 5, ils formeront le Gang du Prince. Mais la réalité de la rue finira par les rattraper.

Chronique adolescente, Monga nous plonge dans les petites ruelles taiwanaises en plein quartier agité de Monga, dirigé par des gangs. C’est par le regard naïf et innocent de Mostiquo que l’on découvre ce monde coloré qui se révèle amusant dans un premier temps. Sous couverture d’un boss local, nos adolescents profitent de la vie facile, délaissant les études pour la rue. Ça se bat, ça boit, ça fume, ça profite des prostituées… Ambiance rétro années 80 garantie.

Difficile de résister à la bonne humeur générale d’un groupe d’ados dont l’amitié se consolide minute après minute, et où, heureusement, chaque personnage possède sa propre personnalité, son propre cheminement. Autour de Mostiquo le timide, on trouve Monk, sage et respectueux, Dragon, grande gueule, Monkey & A-Po, branleur expérimenté et bagarreur forcené.

Dans sa seconde partie, le film met de côté l’humour enfantin, on passe à l’âge adulte où les responsabilités, les tensions et les égo de chacun s’affirment pour mieux rentrer en collision. La situation même du quartier est train de changer, des gangs de la Chine continentale viennent s’installer avec l’intention de redéfinir les règles. Si jusque là, nous avions vu des combats de rues (voir vidéo en bas), on était très loin de la violence à venir.

Sur près de 2h20, le film accuse quelques coups de mou dans son dernier tiers à forte valeur tragique, l’impression d’une histoire qui enchaîne des rebondissements supposés renforcer le choc final ? À côté, Monga, c’est aussi une superbe photographie, mention spéciale aux scènes de nuits jouant avec les couleurs des néons. Sans oublier la mise en scène fluide qui n’hésite pas à profiter de l’environnement pour enfermer nos ados trop pressés de grandir. Par exemple ;

Prise de position aux conséquences… infinies ?

Pour anecdote, le film avait suscité une (petite) polémique à Taiwan, du fait que le film donne une “mauvaise image” de ce quartier en montrant la violence des gangs et des bordels. Des réactions qui se basaient sur les images des teasers/bande-annonces… C’est tellement plus simple d’ignorer le contexte d’une histoire.

Le film sera distribué en France par Wild Side, éditeur qui s’était occupé des Crows Zero de Takashi Miike. À l’évidence, Monga devrait intéresser les fans du Miike, on échange les poses & bastons interminables contre une histoire émouvante de jeune gangsters rythmée par quelques course-poursuites (souvent marrantes).

  • Note : 5/10




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