Revue de presse : Air Doll


Histoire de se préparer avec les sorties DVD des premiers films de Kore-Eda, son Air Doll arrive enfin par chez nous avec une petite distribution, 17 salles. Est-ce que le charme de l’affiche française agira sur les spectateurs ? En attendant, voyons ce que dit la presse :

À la lecture de ces critiques, je me suis demandé, est-ce qu’une grosse tendance à s’attarder sur le sens symbolique/métaphorique de l’histoire est une façon polie de masquer l’absence d’argument (ou d’intérêt pour le/du film) ? Assez bizarre de constater un traitement pareil, une semaine seulement après un Summer Wars traité par-dessus la jambe… Tout ça n’est pas pour rassurer sur la qualité du film.

Le Petit Bulletin

Peut-être conscient de cette menace patrimoniale au-dessus de sa tête [Kore-Eda, héritier d'Ozu], il négocie un virage à 180° avec Air doll, fable fantastique et philosophique autour d’une poupée gonflable qui prend vie et découvre les sentiments humains. (…) C’est justement ce côté élégiaque, voltairien et un brin naïf qui empêche Air doll de s’envoler, le film dissimulant son programme de départ sous une joliesse formelle et un scénario faisant largement penser au AI de Spielberg.

Chronicart (Note = 0/5)

Violente descente du film à base de références européennes. De Houellebecq à Bresson en passant par Patrick Sébastien pour en arriver à Cavalcanti et Bava. Ça en fait des références pour expliquer la nullité d’un film au sujet vainement exploité. On a évité 小津, c’est toujours ça ? (quoi, t’es obligé de googler pour comprendre, trolahont koi).

Le film part dans tous les sens, gonfle sans prévenir et abuse d’une musique au pipeau censée peut-être remémorer la sublime partition de Fiorenzo Carpi du Pinocchio de Comencini. Le résultat est désastreux, décrédibilisant pour longtemps un cinéaste dont la rigueur un peu contrite a souvent tenté de se faire passer pour une ascèse bressonnienne. (…) un interminable pensum mélodramatique de plus de deux heures.

Le Monde : “Pinocchio gonflable”

[Air doll] est une manière de conte de fée moderne. (…) l’auteur d’After Life construit une forme de récit initiatique. (…) La poupée gonflable, vouée à la disparition dans le grand mouvement de rotation des marchandises devient ici la métaphore d’un monde creux et désaffecté.

Télérama (Note = Passable)

(…) cette fable se distingue des autres films de Kore-Eda : sujet inattendu, mise en scène hétérogène, davantage de personnages secondaires. Autour de l’air et du souffle, le réalisateur tisse de jolies métaphores sur la légèreté ou la pesanteur de l’existence, le sentiment de plénitude ou de vacuité.

Excessif

S’il a tendance à se répéter dans la dernière partie, Kore-Eda répond à des questions métaphysiques par des visions surréalistes. A aucun moment, il ignore l’origine et l’utilité de la poupée gonflable manufacturée pour donner du plaisir à des hommes sexuellement frustrés et transforme son héroïne en Amélie Poulain au bordel qui traverse le monde comme dans une fugue insouciante.

Elle (Note = À voir)

Parabole sur la vacuité des existences, cette dérive forcément éthérée fascine, puis lasse et finalement nous crève. Dommage, car le thème est d’une beauté magique. Les exploits sexuels de la jeune femme à la plastique en plastique ne sauvent pas le film d’un étrange sentiment de vide, comme s’il se dégonflait. C’est peut-être ça, la réussite du film.

Premiere (Note = 2/4)

(…) une relecture façon manga de Pinocchio. (…) Nozomi aurait pu se passer de voix tant ses commentaires sur ce qu’elle découvre de l’espèce humaine ressemblent par moments à une litanie de poncifs, heureusement atténuée par un regard désemparé sur un Japon tout en névroses et sur la condition qu’il réserve aux femmes.

Toutlecine (Note = 3/5)

Difficile alors de ne pas être un peu déçu en visionnant Air Doll, qui laisse un petit goût d’inachevé. (…) Le personnage candide de Nozomi permet au réalisateur de dénoncer, entre gravité et légèreté, la solitude et le manque de communication entre des êtres vides (…) Le réalisateur se dote également d’un discours féministe en filigrane. Conte initiatique truffé de bonnes idées, souvent cruel mais non dénué d’humour, Air Doll marque un renouveau chez Kore-Eda tout en restant fidèle à son style particulier.




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2 Commentaires

  1. I.D. says:

    Air Doll est loin de faire l’unanimité, je m’attendais à autre chose pour être franc. Chronicart n’est vraiment pas tendre pour le coup. Ce n’est pas le seul. Je fais peu de cas des critiques du genre mais cela m’interpelle tout de même.

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  2. Olivier SC says:

    Merci de m’avoir signalé ton article et heureux de voir qu’il y a au-moins 3 blogs français parlant du cinéma coréen ; avec Dooliblog que tu as certainement trouvé en lisant la Revue que tu as commenté. Bonne fin de semaine !

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