(Critique) Summer Wars de Mamoru Hosoda

Il est bien probable que le meilleur film japonais que vous verrez en salle cette année soit Summer Wars réalisé par Monsieur La Traversée du Temps. Qui prouve toujours un peu plus que l’animation japonaise ne se limite pas au seul nom de Ghibli (qui s’est imposé en France qu’au début des années 2000, il en faut du temps pour changer les mentalités).

Au coeur de Summer Wars, il y a la réunion traditionnelle d’une famille japonaise en pleine belle campagne… Mais la réunion sera bousculée par le piratage du réseau Oz, sorte d’Internet du futur, dont les conséquences affecte directement la réalité. L’essentiel ici, ce n’est pas la fausse opposition entre tradition et modernité, mais plutôt l’idée de communauté qui permet de s’affranchir des barrières entre virtuel et réalité.

À lui seul ce choix donne une idée du talent d’Hosoda, il garde toujours en tête que le centre de son histoire, ce sont les personnages et leurs émotions. C’est qu’ils vont expérimenter, que ce soit dans leurs relations entre eux, ou tout simplement au niveau personnel (affronter sa peur, par ex.). C’est le point commun entre le virtuel et réalité. Une approche ouverte et intelligente qui balaie les préjugés méprisant les utilisateurs de services virtuels (nous quoi).

Et quelle bonheur de découvrir cette grande famille japonaise où chaque membre dispose de sa propre personnalité, développée selon les besoin de l’histoire. Reste à savourer l’ambiance des retrouvailles, de voir les affinités ou non entre chacun, de vivre leurs moments joyeux ou plus tragiques. Un superbe portrait de famille qui permettra de faire le pont avec le monde virtuel d’Oz, d’en dévoiler l’humanité.

Mais Summer Wars c’est aussi et surtout un festival d’idées et de couleurs : des paysages de la campagne nippone à la folie superflatesque d’Oz, c’est beau et dynamique. En plus d’être touchant et bien écrit.

  • Note : 9/10



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1 Commentaire

  1. reiayanami says:

    Nouveau sur le site en passe de devenir ma référence pour mes news et critiques asiatiques (Bravo excellent site), j’ai pu y lire des critiques extremement exigeante sur man from nowhere, confessions ou même izo. Et la je me suis dit deux choses : Ici on sait de quoi on parle et on est exigeant sans élitisme comme ailleurs … Donc je m’attendais, sur Summer Wars, à un carnage sans retenus. Et bien non. Comme quoi je n’ai pas eu la même lecture du film, qui bien que magnifique (les scènes dans oz sont formidable pour le reste je trouve ça un tantinet grossier), n’est qu’une accumulation de morale à deux balles, poncifs numérique (certes orientaux) et personnages ultra manichéens.

    L’adolescent génial en proie a des responsabilités qui l’étouffe, le fils prodigues bannis pas si méchants que ça au fond et le héros solitaires de oz, grossièrement introspectif. Un festival d’archétypes.

    Le scénario, dans ses grandes lignes, reste d’un prévisible désarmant, le salut par le collectif pour vaincre le mal que l’homme a créé (enfin pas vraiment vu que bon les japonais il crée mais c’est les américains qui l’utilisent pour détruire le monde), on est donc tenté d’y voir un étrange message politique, caricatural et un peu gratuit.

    En revanche la réprésentation de OZ décrit parfaitement ce que sont les résaux sociaux aux Japon, pas simplement un outils, un univers et un mode de vie révolutionnaire qu’a l’occident nous n’avons toujours pas appréhender. En ceci le film est un beau témoignage. Sans plus.

    2/10

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